Le principal apport de cette étude : le concept de capital confiance. L’apport central de cette étude consiste à proposer un cadre analytique unifié autour du concept de capital confiance.
Le capital confiance est défini comme l’ensemble des institutions, des règles, des mécanismes de gouvernance et des comportements qui réduisent durablement l’incertitude, renforcent la crédibilité d’un pays et créent un environnement favorable à l’investissement, à l’innovation et à la croissance.
Il repose sur cinq piliers complémentaires :
- des institutions crédibles et un État de droit effectif ;
- un système économique et financier intègre et transparent ;
- une visibilité des politiques publiques à court, moyen et long terme ;
- une culture de l’évaluation des politiques publiques et de la reddition des comptes ;
- un management public responsable, performant et orienté vers les résultats.
Pris ensemble, ces piliers constituent un actif immatériel qui améliore durablement la compétitivité d’une économie.
Le GAFI : une première étape dans la construction du capital confiance. L’étude montre que le rôle du GAFI dépasse désormais la lutte contre le blanchiment de capitaux. À travers ses normes, ses évaluations mutuelles et son dispositif de surveillance, il contribue à la protection de l’intégrité financière internationale et à la crédibilité des systèmes économiques.
La sortie de la liste grise représente ainsi une condition nécessaire au renforcement de la confiance, mais elle ne constitue pas un aboutissement. Elle marque le début d’une nouvelle phase de réformes visant à transformer une réussite réglementaire en avantage économique durable.
Une nouvelle lecture des défis de l’économie algérienne. L’une des principales originalités de cette étude consiste à proposer une interprétation intégrée de plusieurs phénomènes généralement analysés séparément.
L’économie informelle, la forte circulation fiduciaire hors du système bancaire, le recours massif aux paiements en espèces, le marché parallèle des changes, la faible bancarisation, les difficultés de financement des entreprises, le niveau encore limité des investissements directs étrangers et la lente diversification de l’économie traduisent, à des degrés divers, un même déficit de capital confiance.
Cette lecture conduit à agir sur les causes profondes plutôt que sur les seuls symptômes.
Construire le capital confiance : une nouvelle stratégie de développement. L’étude montre que la confiance ne se décrète pas. Elle résulte d’un processus continu de renforcement des institutions et d’amélioration de la gouvernance.
La consolidation du capital confiance suppose notamment :
- le renforcement de l’État de droit et de la sécurité juridique ;
- la consolidation durable de l’intégrité financière ;
- une plus grande visibilité des politiques publiques ;
- une production régulière de données économiques fiables ;
- une véritable culture de l’évaluation des politiques publiques ;
- une responsabilisation accrue des institutions publiques ;
- la modernisation du système bancaire et des moyens de paiement ;
- l’amélioration du climat des affaires et de l’environnement de l’investissement.
Les principaux enseignements de politique économique. Cette étude débouche sur cinq enseignements majeurs.
- La conformité aux standards internationaux constitue une condition nécessaire mais non suffisante pour attirer durablement les investissements.
- La visibilité des politiques publiques est devenue un déterminant essentiel de la confiance économique.
- L’évaluation des politiques publiques et la reddition des comptes doivent devenir des composantes permanentes de la gouvernance économique.
- L’intégrité financière, la transparence et la qualité des institutions doivent être considérées comme des investissements productifs.
- Le capital confiance doit désormais être reconnu comme un objectif stratégique de la politique économique nationale.